- C'est l'action d'annuler la paralysie musculaire provoquée pour la chirurgie.
- Elle est indispensable pour que le patient respire seul après l'opération.
- Elle est réalisée et surveillée exclusivement par l'équipe d'anesthésie.
Décurariser consiste à administrer un médicament pour annuler l'effet paralysant des curares utilisés lors d'une anesthésie générale. Cette étape permet au patient de retrouver l'usage de ses muscles, notamment pour respirer sans assistance, à la fin d'une opération.
Etymologie
Composé du préfixe dé- (indiquant l'inversion) et de curare, mot d'origine tupi (kurary) désignant les poisons végétaux utilisés par les populations autochtones d'Amazonie pour paralyser le gibier.
Exemples
- Administration de néostigmine en fin d'intervention pour restaurer la force musculaire.
- Utilisation du sugammadex pour neutraliser rapidement l'effet de certains curares spécifiques en cas d'urgence.
A ne pas confondre
Il ne faut pas confondre la décurarisation avec le réveil de l'anesthésie. Le réveil concerne le retour à la conscience (cerveau), tandis que la décurarisation concerne uniquement le retour de la commande des muscles. Un patient peut être réveillé mais encore sous l'effet du curare, ce qui nécessite une surveillance étroite.
Cadre medical / Recommandations
Les recommandations de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR) imposent une surveillance du niveau de curarisation par un appareil (monitoring) avant d'autoriser l'extubation du patient.
En pratique
Historiquement, les travaux de Claude Bernard au XIXe siècle sur le curare ont permis de comprendre que ce produit agit sur la jonction entre le nerf et le muscle, sans altérer la sensibilité ni la conscience.
Conseil
AVERTISSEMENT MEDICAL : ce contenu est purement informatif. Seule l'équipe d'anesthésie-réanimation peut décider de la stratégie de décurarisation adaptée à votre cas. Si vous avez des antécédents de maladies musculaires (comme la myasthénie), signalez-le impérativement lors de la consultation pré-anesthésique.