- C'est une certitude délirante, pas un simple espoir amoureux.
- La personne pense souvent que c'est l'autre qui a fait le premier pas ou qui l'aime le plus.
- Le délire évolue souvent en trois étapes : l'espoir, le dépit, puis la rancœur (qui peut être dangereuse).
Le délire érotomaniaque est un trouble psychiatrique où une personne a la conviction absolue et délirante d'être aimée par une autre. Cet « autre » est généralement une personne de rang social plus élevé, une célébrité, ou quelqu'un qui ne manifeste pourtant aucun signe d'intérêt amoureux.
Etymologie
Dérivé du grec erôs (l'amour) et mania (la folie ou l'obsession). Ce terme a été popularisé par le psychiatre français Gaëtan Gatian de Clérambault au début du XXe siècle.
Exemples
- Une personne convaincue qu'un présentateur de journal télévisé lui envoie des messages d'amour codés à travers ses gestes à l'écran.
- Un patient persuadé que son médecin est secrètement amoureux de lui et que son professionnalisme n'est qu'une façade pour cacher sa passion.
A ne pas confondre
Il faut le distinguer de l'obsession amoureuse classique ou du « coup de foudre », où le lien avec la réalité est maintenu. Dans le délire érotomaniaque, la personne ne peut pas être convaincue par la logique que l'autre ne l'aime pas.
Cadre medical / Recommandations
La prise en charge médicale peut parfois nécessiter une hospitalisation sous contrainte si le comportement présente un danger pour le patient ou pour la personne objet du délire (harcèlement). Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur les délires persistants servent de base au diagnostic.
En pratique
Le syndrome porte le nom de « syndrome de Clérambault », suite aux travaux de ce psychiatre qui, en 1921, a classé l'érotomanie parmi les psychoses passionnelles.
Conseil
Face à une personne souffrant de ce délire, il est inutile d'essayer de la raisonner par la logique, car cela peut renforcer ses convictions ou déclencher de l'agressivité. Il est impératif d'orienter la personne vers un psychiatre pour une évaluation. Ce contenu est purement informatif et ne constitue pas un avis médical.