- C'est une procédure médicale d'urgence spécifique aux contaminations internes.
- Le traitement dépend précisément du type de produit toxique identifié.
- Plus la décorporation est précoce, plus elle est efficace pour protéger les organes.
La décorporation est une intervention médicale qui consiste à évacuer de l'organisme des substances dangereuses, principalement des éléments radioactifs ou des métaux toxiques. Pour cela, on utilise des médicaments capables de se fixer sur ces produits pour favoriser leur élimination naturelle par les urines ou les selles.
Etymologie
Le terme vient du préfixe latin de- (exprimant l'éloignement ou l'extraction) et de corpus (le corps). Il désigne l'action de faire sortir une substance qui a été intégrée aux tissus biologiques.
Exemples
- L'administration de DTPA pour capter et éliminer du plutonium ou de l'américium après un accident industriel.
- L'utilisation du bleu de Prusse pour traiter une ingestion accidentelle de césium radioactif.
- La prise d'iode stable pour empêcher l'iode radioactif de se fixer sur la thyroïde (principe de saturation).
A ne pas confondre
Il faut distinguer la décontamination externe, qui consiste à laver la peau ou les cheveux, de la décorporation qui traite la contamination interne (substances inhalées, avalées ou passées par une plaie).
Cadre medical / Recommandations
En France, la gestion des stocks de médicaments de décorporation est supervisée par l'ANSM et s'inscrit dans les plans de secours nucléaires (Plan ORSEC-RAD). Ces traitements sont généralement réservés aux structures hospitalières spécialisées ou aux services de santé des armées.
En pratique
Le développement des techniques de décorporation s'est accéléré au milieu du XXe siècle avec l'essor de l'industrie nucléaire et a été particulièrement étudié lors de grands accidents comme celui de Tchernobyl pour limiter les doses de radiation reçues par les travailleurs.
Conseil
En cas de suspicion de contamination interne, ne tentez aucune automédication et contactez immédiatement les services de secours (15 ou 112). Seuls des examens radiologiques et biologiques peuvent confirmer la nécessité d'une décorporation. Ce contenu est purement informatif et ne remplace en aucun cas un avis médical ou les consignes des autorités de sûreté nucléaire.