- C'est souvent un mécanisme de protection du cerveau face à un choc émotionnel ou une anxiété massive.
- Ce n'est pas une perte de contact avec la réalité (ce n'est pas de la folie).
- Ce symptôme peut être passager (fatigue, manque de sommeil) ou devenir chronique s'il n'est pas pris en charge.
La dépersonnalisation est l'impression étrange d'être spectateur de sa propre vie ou de ne plus habiter totalement son corps. On se sent détaché de soi-même, comme si l'on était un robot ou dans un rêve, tout en restant parfaitement conscient de la réalité environnante.
Etymologie
Dérivé du latin persona (le masque de théâtre, le rôle) avec le préfixe dé- (exprimant la séparation) et le suffixe -isation (indiquant un processus). Il désigne littéralement l'action de perdre le sentiment d'être une personne unifiée.
Exemples
- Avoir l'impression que ses propres mains ou sa voix appartiennent à quelqu'un d'autre.
- Se sentir déconnecté de ses émotions, comme si l'on observait ses propres réactions de l'extérieur.
- Ressentir un engourdissement sensoriel ou une perte de contrôle sur ses mouvements alors qu'ils sont pourtant normaux.
A ne pas confondre
On la distingue souvent de la déréalisation, qui est l'impression que le monde extérieur est irréel ou artificiel. Elle se différencie de la psychose car, dans la dépersonnalisation, la personne garde son sens critique : elle sait que ses perceptions sont anormales, ce qui n'est pas le cas lors d'un délire.
Cadre medical / Recommandations
Répertorié comme trouble dissociatif dans les classifications internationales (CIM-11 de l'OMS et DSM-5). Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) mentionnent ce symptôme notamment dans le cadre du trouble de stress post-traumatique et des troubles anxieux sévères.
En pratique
Le concept a été formalisé à la fin du XIXe siècle, notamment par le philosophe Ludovic Dugas en 1898. Des études historiques montrent que ce phénomène était déjà décrit chez les alpinistes victimes de vertige ou de fatigue extrême, illustrant son lien avec le stress intense.
Conseil
Si vous ressentez ces symptômes, essayez des techniques d'ancrage : touchez des objets froids, nommez les couleurs autour de vous ou concentrez-vous sur votre respiration. Attention : ce contenu est purement informatif. Il est indispensable de consulter un médecin ou un psychiatre pour obtenir un diagnostic précis et une prise en charge adaptée.