- C'est un trouble anxieux lié à la culture (Japon, Corée).
- Le point central est la crainte de blesser ou de déranger les autres.
- Il peut entraîner un isolement social sévère s'il n'est pas pris en charge.
Le taijin kyofusho est une forme d'anxiété sociale observée principalement au Japon et en Corée. Contrairement à la timidité classique, la personne ne craint pas d'être jugée par les autres, mais a peur de les offenser, de les gêner ou de les dégoûter par sa propre présence ou son comportement.
Etymologie
Vient du japonais : taijin (interpersonnel), kyofu (peur) et sho (maladie/syndrome). Littéralement : « syndrome de la peur des relations interpersonnelles ».
Exemples
- La peur de gêner les passagers dans les transports à cause d'une odeur corporelle imaginaire (bromidrosiphobie).
- L'évitement des regards car la personne est persuadée que son propre regard est agressif ou dérangeant pour son interlocuteur.
- La conviction qu'une expression du visage ou un tremblement va mettre les autres mal à l'aise.
A ne pas confondre
Il se distingue de la phobie sociale occidentale classique : dans cette dernière, le patient a peur d'être humilié ou critiqué (peur pour soi), tandis que dans le taijin kyofusho, le patient a peur de nuire au bien-être d'autrui (peur pour l'autre).
Cadre medical / Recommandations
Le taijin kyofusho est répertorié dans le manuel diagnostique DSM-5 comme un « concept culturel de détresse ». Il n'est pas codé comme une maladie isolée en France mais est pris en charge sous le spectre des troubles anxieux.
En pratique
Ce syndrome a été décrit pour la première fois par le psychiatre japonais Shoma Morita dans les années 1920. Il a développé une thérapie spécifique, la thérapie de Morita, basée sur l'acceptation des émotions plutôt que sur leur contrôle.
Conseil
Si vous ressentez une peur intense de déranger les autres au point d'éviter toute sortie, il est essentiel de consulter un professionnel de santé mentale. Ce contenu est purement informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Un médecin pourra évaluer si ces symptômes cachent un trouble anxieux ou une autre pathologie.